Depuis plusieurs années, les 29 UVTD suisses tournent à plein régime. Le traitement des déchets combustibles issus des ménages et de l'industrie s'effectue à flux tendu, pratiquement sans réserve de capacités.
Afin de ne pas perturber l'approvisionnement en chaleur des réseaux de chauffage urbain, les UVTD planifient leurs arrêts annuels pour révision en dehors de la période de chauffage, c'est-à-dire entre juin et septembre. Bien entendu, les UVTD se coordonnent entre elles afin de répartir au mieux ces arrêts programmés. Néanmoins, la capacité totale d’incinération au niveau national est moindre pendant les mois d’été.
En revanche, la production de déchets ne diminue pas pendant la période éstivale. Au contraire : en raison du tourisme et des activités de plein air, elle a même tendance à augmenter.
Chaque été, la Suisse est donc confrontée à un déficit de capacité d’incinération et à un excédent de déchets. Les déchets combustibles doivent donc être stockés temporairement pour n’être traités dans les UVTD qu’une fois la phase de révision terminée.
Les vagues de chaleur successives accentuent la pression sur cet équilibre déjà fragile : en raison des températures extérieures très élevées, il est plus difficile d’évacuer la chaleur générée par l’incinération des déchets dans les fours des UVTD. Les installations qui ne sont pas en période de révision ne peuvent pas fonctionner à pleine capacité et doivent réduire la quantité de déchets qu’elles peuvent traiter par heure.
Dans le même temps, la quantité de déchets urbains augmente, car la vague de chaleur incite les gens à chercher la fraîcheur à l’extérieur. La consommation hors domicile augmente fortement, ce qui génère beaucoup de déchets. Partout, les poubelles publiques débordent.
Il en résulte que plus l’été est chaud, plus la quantité de déchets combustibles devant être entreposés temporairement est importante. Cette année, les stocks de déchets temporaires atteignent des niveaux records. De plus, en raison de la sécheresse et des températures extrêmes, ces stocks temporaires particulièrement importants sont également très secs. Ils représentent donc un risque d’incendie considérable.
L’ASED appelle donc à la plus grande vigilance. Comme les dépôts de déchets ne sont pas couverts, ils ne sont pas protégés contre la chute de feux d’artifice. L’ASED demande donc le respect strict de l’interdiction des feux d’artifice. Les incendies de dépôts de déchets peuvent également être causés par des piles au lithium. L’ASED rappelle que ces piles doivent impérativement être rapportées aux points de vente et ne doivent en aucun cas être jetées avec les déchets inflammables.